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Il y a une quinzaine d’années, certaines villes pionnières se sont fixé l’objectif d’atteindre l’autosuffisance énergétique. Le progrès technologique aidant, les plus avancées approchent aujourd’hui du but, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Autriche…, démontrant que ce qui pouvait sembler initialement chimérique n’était pas inaccessible.

C’est maintenant un objectif d’autosuffisance alimentaire que visent les métropoles pionnières, suscitant à nouveau un débat quant au réalisme d’une telle ambition.

L’INSEE définit l’aire urbaine comme l’ensemble continu et sans enclave constitué par une agglomération et les zones périphériques qui lui sont économiquement liées.

En France, l’aire urbaine d’Avignon, la plus avancée de l’Hexagone, affiche un taux d’autosuffisance alimentaire de 8,2%. Valence, Nantes et Angers viennent ensuite avec un taux d’environ 6%. En moyenne, l’autonomie alimentaire des cent principales aires urbaines françaises est de 2%, ce qui signifie que seuls 2% des aliments consommés dans ces zones proviennent de ressources locales. On est donc très loin de l’autosuffisance. Celle-ci est-elle pour autant inaccessible ?

Des chercheurs de l’université de l’Ohio ont réalisé plusieurs simulations d’évolution vers l’autosuffisance alimentaire pour la ville de Cleveland, une métropole durement touchée par la crise des subprimes et où, à l’instar de Detroit, des surfaces construites vacantes sont converties en terrains cultivables.

Si 80% des espaces vacants étaient affectés à des activités agricoles, Cleveland pourrait, selon les chercheurs, atteindre une autosuffisance maraîchère de 35%. Si 9% des terrains actuellement habités étaient à leur tour affectés à l’agriculture, cette autonomie pourrait s’élever à 49%. Enfin, si les deux tiers des toits des bâtiments urbains étaient aussi utilisés pour des activités agricoles, l’autonomie maraîchère augmenterait jusqu’à 75%.

L’autosuffisance alimentaire totale des zones urbaines est inaccessible, sauf à « construire les villes à la campagne », selon la formule de l’humoriste Alphonse Allais. Même en se dotant de basses-cours, de pâturages et de serres à fruits exotiques, aucune ville ne parviendra à fournir seule tous les rayons alimentaires des supermarchés. Mais au vu des performances des projets expérimentaux, notamment français, et des projections des chercheurs de l’université de l’Ohio, atteindre une autonomie de 50% est un objectif qui ne pas paraît pas utopique.

Décryptage- Villes autosuffisantes en alimentation : objectif réaliste ou utopique ?

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