RECHERCHE ET MÉTHODES

JEAN-CLAUDE VEREZ

Quelle autosuffisance alimentaire pour le Cameroun ?

Quelques repères méthodologiques

L’accroissement de la dépendance alimentaire du continent africain, dont l’idée est parfois associée au phénomène d’urbanisation accélérée que connaît l’Afrique subsaharienne, semble ne pas pouvoir être exprimé de manière évidente sous forme d’un indicateur mesurable. A priori, cet accroissement signifierait que les importations alimentaires par habitant augmentent, celles-ci constituant le moyen de pallier l’écart entre la production et la demande. En d’autres termes, les disponibilités alimentaires sur la base de la production locale seraient insuffisantes.

Lorsqu’on évoque la notion de dépendance alimentaire (mesurée essentiellement par l’évolution des importations), il faut dissocier la dépendance directe de la dépendance indirecte : la première concerne les produits alimentaires, la seconde les intrants agricoles et autres équipements techniques. La notion de dépendance directe signifie l’incapacité de subvenir aux besoins nutritifs à partir des ressources locales et le recours aux importations pour satisfaire la demande nationale. Toutefois l’importation d’une denrée alimentaire ne constitue pas un élément de dépendance si elle n’est pas appelée à se renouveler. La notion de dépendance indirecte, quant à elle, fait davantage référence à l’obligation d’acheter ce qui est nécessaire à l’accroissement de la production et/ou de la productivité agricole. Une dépendance indirecte à court ou moyen terme peut signifier une élévation des disponibilités alimentaires à long terme et, finalement, un moindre recours aux importations alimentaires.

E. R., juH.-déc. 1989, 115-116 : 195-221.

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