Depuis une dizaine d’années, l’agriculture est confrontée à de nombreux défis : proposer des produits de qualité, s’inscrire dans une logique de santé, dynamiser l’ensemble du territoire, maintenir le potentiel d’exploitation et protéger l’environnement.

Les enjeux écologiques et sociétaux, notamment les nouvelles attentes des consommateurs, les demandes grandissantes des collectivités, ont amené les agriculteurs à réorienter non seulement leurs pratiques mais également leurs circuits de commercialisation.

Longtemps opposés aux circuits traditionnels, les circuits courts s’imposent aujourd’hui pour de nombreux agriculteurs comme une réelle alternative. Cependant, si les circuits courts se sont développés en s’appuyant sur un nombre très limité d’intermédiaires, ils doivent aujourd’hui tenir compte de la réalité de la proximité et du local.

Dans un contexte de forte volatilité des prix, de baisse des revenus agricoles, du poids excessif de la grande distribution, les circuits courts offrent l’opportunité pour certains producteurs de mieux valoriser leurs produits et de sécuriser leurs revenus, de permettre le maintien d’une activité, d’être une voie de conversion ou de reconversion pour certaines exploitations.

Circuits courts, circuits de proximité : de quoi parle- t-on ?

Par circuits courts, on entend toutes les différentes formes de vente directe entre un producteur et un consommateur qui ne comprennent pas plus d’un intermédiaire.

On distingue ainsi 2 grands types de distribution :

1/ Les ventes directes :

  • la vente Ă  la ferme, points de vente, visites d’exploitations, libre cueillette
  • les magasins de producteurs ou points de vente collectifs,
  • les marchĂ©s : marchĂ©s d’approvisionnement rĂ©guliers, marchĂ©s Ă  la ferme, marchĂ©s de producteurs rĂ©unissant soit exclusivement des agriculteurs, soit associant des agriculteurs avec des artisans,
  • la vente Ă  domicile : en tournĂ©e fixe ou rĂ©gulière, Ă  domicile ou en point-relais,
  • la vente de paniers soit collectif, soit en contractualisation comme les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) rĂ©unissant un groupe de consommateurs avec 1 ou plusieurs agriculteurs,
  • la vente avec prestation de restauration comme dans les formules de fermes auberges, sacs pique-nique, buffets fermiers,
  • la vente dans les foires et salons : Ă©vĂ©nements grand public ou spĂ©cialisĂ©s,
  • et enfin, la vente Ă  distance : par correspondance mais Ă©galement par Internet

 

2/ Les ventes indirectes

Il s’agit de vente par le producteur à un intermédiaire et un seul : ventes à des commerçants détaillants, grandes et moyennes surfaces, restauration collective ou commerciale

Ce site Internet se propose de référencer uniquement les agriculteurs girondins qui ont fait le choix de la vente directe.

A l’échelle d’un territoire, cette notion introduit de plus en plus la dimension de circuit de proximité souvent plus adaptée. En effet, la vente par Internet est considérée certes comme un exemple de circuits courts mais le consommateur est très éloigné du producteur. Ainsi on peut faire de la vente directe sans proximité comme participer à des circuits longs dans un cadre local !

Quelques chiffres

Au niveau national, une exploitation sur 2 transforme ses produits mais seulement une exploitation sur 5 pratique une activité de vente directe. Ces exploitations, souvent de taille modeste, deviennent plus professionnelles et représentent plus d’1/4 des UTA (Unité de Travail Agricole) et par conséquent jouent un rôle important pour l’emploi agricole.

La vente directe concerne toutes les filières, surtout les fruits et légumes, l’horticulture, la viticulture et les filières animales avec toutefois des réalités à nuancer.

Les résultats du Recensement Agricole de 2010 ont permis d’avoir une vision beaucoup plus précise de la situation des circuits courts en Gironde. Notre département est le premier département aquitain par le nombre d’exploitations qui commercialisent via un circuit court : près de 40 % des exploitations girondines. Cependant, sur les 3 650 exploitations, 77 % sont à dominante viticole.

800 exploitations (hors vins) utilisent ce type de commercialisation pour leurs produits. Deux unités sur 3 réalisent ainsi plus de 50 % de leur chiffre d’affaires.

A noter que 90 % des exploitations girondines concernées par les circuits courts n’utilisent qu’un seul mode de commercialisation, la vente directe à la ferme étant le mode le plus utilisé (40 % des cas), suivi par la vente sur les marchés (20 %).

Du côté du consommateur mais aussi des collectivités

Les modèles des circuits courts répondent à une demande croissante des consommateurs à la recherche de produits de qualité et de proximité. Le besoin de connaître l’identité du producteur, sa façon de travailler, contribuent à ce sentiment de « réassurance » et de qualité, souvent exprimé.

Par ailleurs, recréer du lien social et économique entre producteurs et consommateurs est aujourd’hui un axe fort des collectivités locales et territoriales dans leurs politiques de développement durable.

Les circuits courts : quels enjeux pour les agriculteurs ?

La réduction du nombre d’intermédiaires s’impose avant tout comme un choix économique pour les agriculteurs qui privilégient les circuits courts ou qui diversifient leur activité en consacrant une part de leur production à la vente directe.

Les objectifs poursuivis se fondent avant tout sur la création de valeur ajoutée sur l’exploitation, pour améliorer le revenu des producteurs et assurer ainsi la pérennité des exploitations : paiement immédiat du producteur, voire à l’avance, réduction des coûts des transports dans certains cas, impact sur l’emploi..

Aujourd’hui, les circuits courts et de proximité constituent une réponse économique et citoyenne aux enjeux sociétaux et agricoles pour contribuer à la vitalité de territoires girondins, en assurant la pérennité d’exploitations agricoles à dimension familiale.

 

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