Par Laurette Duranel Publié le 7 Déc 20 à 18:43  Les associations d'automobilistes en guerre contre le projet du Grand Lyon d'interdire les véhicules diesel dans la Zone à faibles émissions de la métropole. Les associations d’automobilistes en guerre contre le projet du Grand Lyon d’interdire les véhicules diesel dans la Zone à faibles émissions de la métropole. (©Illustration / Lille Actu)

« Il faut sortir les diesels de la ville » martèle Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon (Rhône) depuis quelques semaines. Une offensive anti-voiture contre laquelle s’insurge l’association 40 millions d’automobilistes qui lance ce lundi 7 décembre 2020 l’opération « le ras-de-bol lyonnais ». 

Interdiction des véhicules diesel d’ici à 2026

Actuellement sur Lyon, Villeurbanne et Caluire-et-Cuire, la Zone à faibles émissions (ZFE) pourraient être étendue à d’autres communes dans les années à venir. Plus encore, les réglementations pourraient bientôt s’appliquer aux véhicules des particuliers et non plus uniquement aux camions et camionnettes professionnels. 

« Notre objectif est qu’à terme le parc automobile soit à la fois réduit et dépollué », avait annoncé mi-novembre le président du Grand Lyon Bruno Bernard. 

Pour atteindre cet objectif, la Métropole préconise que d’ici à 2026, seuls les véhicules avec une vignette Crit’Air 0 et 1 pourront circuler. Autrement dit, seuls les véhicules électriques, hydrogènes, gaz et hybrides rechargeables. 

« Ségrégation des populations par l’argent »

En bannissant les véhicules diesel de la ZFE, qui représentent 70% du parc automobile, le Grand Lyon se met à dos les associations d’automobilistes. 

Parmi elles, 40 millions d’automobilistes s’insurge contre cette « surenchère écologiste et une ségrégation par l’argent qui se profile » :

Les autorités jettent dehors les automobilistes n’ayant pas les moyens d’acheter un véhicule électrique ou thermique récent, ni d’habiter en centre-ville !

40 millions d’automobilistes

En réaction à ces annonces, l’association 40 millions d’automobilistes lance ce lundi 7 décembre 2020 l’opération « le ras-de-bol lyonnais » et appelle les automobilistes à « s’insurger contre ces villes qui voudraient brider votre mobilité et vous bannir de leur territoire ». 

Sur cette plateforme numérique, les habitants du Grand Lyon pourront déposer leurs doléances concernant les déplacements automobiles. 

La Métropole promet des mesures d’accompagnement

Les accusations de ségrégation par l’argent ont aussitôt été réfutées par Bruno Bernard, justifiant que c’est justement pour protéger de la pollution « les fragiles et aussi les plus modestes, c’est à dire ceux qui habitent près des axes pollués, notamment le périphérique ou l’autoroute », que la Métropole envisage cette politique.  

Aussi, l’administration assure que « des mesures d’accompagnement sont en préparation, en particulier d’importants investissements dans les alternatives à la voiture (modes actifs, transports en commun, autopartage et covoiturage) et un dispositif de soutien à l’acquisition ou à l’usage de véhicules à faibles émissions« . 

Lundi 7 décembre 2020 se tenait d’ailleurs une visioconférence entre Emmanuel Macron et les responsables des grandes villes concernant les zones à faibles émissions. A cette occasion, les écologistes Grégory Doucet et Bruno Bernard ont demandé au gouvernement : « un financement massif pour les transports en commun » en vue d’offrir des alternatives à la voiture et l’annonce d’une « échéance claire sur la sortie du diesel ».  

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