Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différentes. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons.

 

Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : le gouvernement suisse, au même titre que d’autres gouvernements, a été incapable de mettre en place des actions fortes et rapides, sans équivalent, pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence est relevée tous les jours.

Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, le rythme d’extinction des espèces est 1000 fois supérieur à ce qu’il a été durant l’histoire du vivant. Au-delà des mammifères, dont la disparition est la plus visible, des espèces d’oiseaux, d’amphibiens, d’insectes se sont également éteintes. Or toutes ces espèces sont essentielles pour le maintien de nos écosystèmes. Et donc aussi de leur production, c’est-à-dire de notre capacité à nous nourrir. Des millions de personnes subissent déjà de plein fouet les effets du dérèglement climatique et de la perte de biodiversité. Des enfants, des familles ont déjà perdu leur maison ou leur vie.
Le mois de juillet 2019 a été le plus chaud jamais enregistré : des feux se sont déclarés partout, en Afrique, en Amérique du Sud, en Sibérie et dans le cercle Arctique. L’Amazonie, en particulier, est en train de brûler à une vitesse alarmante. Ces incendies émettent encore plus de gaz à effet de serre et réduisent la surface de forêt capable de capturer le CO2.

Nous ne pouvons plus continuer d’ignorer ces faits. Avec l’augmentation des températures et la montée des eaux, des écosystèmes vont continuer de s’effondrer. Et avec la raréfaction des ressources, l’effondrement de notre civilisation est probable. Les plus fragiles dans nos sociétés vont être frappés en premier et en continuant sur ce chemin, notre futur est en danger.
Nous avons déjà dépassé les 1C° de température par rapport à l’ère préindustrielle. Nous avons le choix de l’avenir, et savons que contenir l’augmentation de la température en dessous de 1.5C° serait beaucoup moins dommageable, selon le rapport SR15 du GIEC d’octobre 2018, que d’atteindre de 2C° et au-delà. En plus de ce rapport essentiel d’autres publiés récemment comme le rapport du GIEG « SROCC » du 24 septembre 2019, CNRS-CEA-Météo France du 17 septembre2019 montrent que les dernières connaissances scientifiques accélèrent les grandes conclusions qui sont connues depuis 30 ans.

Pour répondre à ce défi immense, nous devons faire une transition vers des sociétés à zero-émissions et réduire de moitié les émissions mondiales d’ici à 2030. Il nous reste peu de temps pour agir et les 18 prochains mois vont être critiques pour mettre en place des changements drastiques et sans précédent.

En Suisse, les politiques actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité ne sont pas à la hauteur de l’enjeu et de l’urgence à laquelle nous faisons face. Nos objectifs de croissance et de développement économique restent en contradiction avec ce qu’il est indispensable de prendre comme mesures. A tous les niveaux politiques il existe une incompréhension totale de l’échelle de l’action requise : la maison brûle et nous nous félicitons du pas que le bébé a fait dans la bonne direction vers la sortie. Prenons comme exemple la consommation, la mobilité ou le chauffage : l’attente est que la technique va permettre de continuer dans la direction actuelle, sans changement sociétal profond, ce qui montre une méconnaissance de l’échelle de temps, de l’ampleur de l’action et les effets rebonds.

Il est inconcevable que nous, et nos descendants devions payer les conséquences de la catastrophe annoncée qui se dessine devant nous. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel. Le contrat social a donc été brisé et il est dès lors fondé de se rebeller pour défendre la vie, notre vie.

En conséquence nous déclarons soutenir le mouvement non-violent Extinction Rebellion (XR) et les actions de désobéissance civile qui sont prévues depuis fin septembre. Nous soutenons la demande de XR de déclarer un état d’urgence climatique et environnementale et d’établir une assemblée citoyenne pour travailler avec les scientifiques pour développer un plan crédible et juste pour une décarbonisation totale de nos sociétés et une préservation des écosystèmes.

Les signataires:

Prof. Jacques Dubochet

Prix Nobel de chimie 2017, Professeur à l’Université de Lausanne

Prof. Dominique Bourg

Professeur ordinaire à l’Institut de géographie et de durabilité à l’Université de Lausanne

Prof. Antoine Guisan

Professeur ordinaire à l’Université de Lausanne

Prof. Guido Palazzo

Professeur d’éthique à l’Université de Lausanne

Prof. Sascha Nick

Professeur de durabilité à la Business School Lausanne et chargé de cours à l’Université de Lausanne

Dr. Luigi d’Andrea

Biologiste et arboriculteur, Neuchâtel

Prof. Christian Arnsperger

Professeur, faculté des géosciences à l’Université de Lausanne

Prof. Philippe Thalmann

Professeur d’économie de l’environnement à l’Ecole Polythechnique Fédérale de Lausanne

Prof. Valérie D’Acremont

Professeure de médecine tropicale et santé globale à l’Université de Lausanne

Dr. Nathalie Chèvre

Maître d’enseignement et de recherche, écotoxicologue à l’Université de Lausanne

Prof. Edward Mitchell, professeur en biodiversité du sol a l’Université de Neuchâtel, Neuchâtel

Prof. Adrian Bangerter, professeur de psychologie du travail, Université de Neuchâtel, Neuchâtel

Prof. Sergio Rasmann, professeur d’écologie à l’Université de Neuchâtel, Neuchâtel

Prof. Agnieszka Soltysik Monnet, professeure, Faculté de lettres de l’Université de Lausanne

Prof. Rachel Falconer, professeure à la faculté de lettres de l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Alexandre Aebi, Prof. titulaire aux Instituts de biologie et d’ethnologie à l’Université de Neuchâtel, Neuchâtel

Prof. Bernard Burnand, médecin de santé publique, Prof. honoraire, Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Martine Hennard Dutheil de la Rochère, professeure, Faculté des Lettres, Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Denis Renevey, professeur ordinaire Université de Lausanne, St-George

Prof. Jean-Christophe Graz, professeur de relations internationales à l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Mounia Bennani-Chraïbi, professeure à l’Institut d’études politiques, Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Valérie Boisvert, professeure, faculté de géosciences et de l’environnement, Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Nicolas Bancel, historien, Lausanne

Prof.Olivier Fillieule, professeur sociologie politique Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Éléonore Lépinard, professeure de sciences sociales, Lausanne

Prof. Nicky Le Feuvre, professeure ordinaire de sociologie du travail, Lausanne

Prof. Olivier Graefe, professeur de Géographie humaine, Université de Fribourg, Fribourg

Prof. Grégoire Zimmermann, professeur de psychologie de l’adolescence, Faculté des Sciences Sociales et Politiques, Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Eva Green, professeure en psychologie sociale à l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Frederic Herman, professeur Université de Lausanne, Lonay

Prof. Rémy Amouroux, professeur d’histoire de la psychologie à l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Chrstian Staerklé, professeur de psychologie sociale, Lausanne

Prof. Jonas Masdonati, professeur,à l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Joëlle Darwiche, professeure à l’Université de Lausanne, Lausanne

Prof. Blaise Genton, prof. de médecine tropicale, université de Lausanne

Prof. Cathrin Brisken, professeure associée EPFL, Lausanne

Prof. Antje Horsch, Professeure assistante, Lausanne

Prof. Dragan Damjanovic, Prof. titulaire, EPFL, Lausanne

Prof. Thierry Collaud, Professeur d’éthique théologique, Fribourg

Dr. Sophie Swaton, maître d’enseignement et de recherche, Genève // Dr Nicolas Defarge, biologiste, European Netowork of Scientists and Environmental Responsibility, Zurich // Dr. Robin Mesnage, chercheur en toxicologie, King’s College de Londres // Dr. Jean-Daniel Champagnac, géologue – enseignant, Leysin // Dr. Kristin Becker van Slooten, maître d’enseignement et de recherche, EPFL, 1028 Préverenges // Dr. Jérôme Pellet, biologiste, chargé de cours en écologie appliquée Université de Lausanne, Lausanne // Dr. Juliette Vuille, Maître assistante, Faculté des lettres, Université de Lausanne // Dr. Sylvain Loubéry, biologiste et chargé de cours à l’Université de Genève, Genève // Dr.Valentine Python, climatologue, géographe, consultante scientifique, La Tour-de-Peilz // Dr. Augustin Fragnière, chercheur en éthique climatique, Lausanne // Dr. Oriane Sarrasin, maître assistante en psychologie sociale à l’Université de Lausanne, Lausanne // Dr. Samuel Frésard, médecin, CHUV, Lausanne // Dr. Sonja Hediger, médecin généraliste, Lausanne // Dr. Myriam Bickle Graz, pédiatre, Lausanne // Dr. Nelly Niwa, directrice du centre interdisciplinaire de durabilité de l’université de Lausanne, Lausanne // Dr Vincent Quartier, maître d’enseignement et de recherche en psychologie, Lausanne // Dr. Anik Debrot, maître-assitante en psychologie clinique, Université de Lausanne, Lausanne

Gaëlle Kovaliv, doctorante, membre de solidaritéS, Lausanne // Maïeul Rouquette, chercheur en histoire du christianisme ancien, UNIL // Franziska Meinherz, doctorante EPFL, gréviste du climat, Lausanne // Florian Barras, doctorant UNIL, Yverdon-Les-Bains // Alexandre Grandjean, doctorant, Université de Lausanne, Lausanne // Laureline Pop, doctorante en archéologie classique, UNIL, Lausanne // Mathilde Zbaere, assistante-doctorante en littérature, UNIL, Lausanne // Alice Bottarelli, doctorante en littérature à l’Université de Lausanne, Lausanne // Aurélie Crausaz, doctorante en Archéologie, Lausanne // Marine Ehemann, doctorante UNIL, gréviste féministe, Lausanne // Dominique Bovey, chercheur à la Haute École d’Ingénierie et de Gestion HEIG-VD, Maracon // Louise Trottet, doctorante MD-PhD à la Faculté de Médecine de l’Université de Genève, Genève // Vincent Laughery, doctorant en Anglais, UNIL, Lausanne // Romain Bionda, assistant diplômé en études littéraires, Université de Lausanne, Lausanne // Andrew Reilly, doctorant en anglais à l’Université de Lausanne, Lausanne // Juliette Loesch, assistante-doctorante en Anglais à l’Université de Lausanne, Lausanne // Guillaume Guex, premier Assistant en sciences du langage et de l’information, Faculté de Lettres, Université de Lausanne, Lausanne // Beatriz Duarte Wirth, assistante Diplômée, UNIL, Lausanne // Amy Player, doctorante en Anglais à l’Université de Lausanne, Lausanne // Alain Kaufmann, Directeur du ColLaboratoire de l’UNIL, Lausanne // Fabrice Brodard, maître d’enseignement et de recherche en psychologie, Vuadens // Loanne Janin, doctorante en linguistique appliquée à l’Université de Neuchâtel, Neuchâtel // Ocyna Rudmann, doctorante boursière en Psychologie sociale à l’Université de Lausanne, Fribourg // Pascal Gygax, chercheur, Lausanne // Jasmine Lorenzini, chercheure en sociologie politique, Lausanne // Yvan Maillard Ardenti, Chargé de cours Haute Ecole de Gestion Genève et Arc, Fribourg // Cinzia Zanetti, doctorante en psychologie sociale à l’Université de Lausanne, Lausanne // Leah Gilbert, doctorante, Nyon // Camille Deforges, doctorante à l’Université de Lausanne, Lausanne // Salomon Bennour, Doctorant Université de Neuchâtel, Bienne // Mina Rauschenbach, Recherche et enseignement UNIL, Genève // Carine Colletti, Enseignante, Lausanne // Alizée Lombard, Doctorante en linguistique, Fribourg // Tristan Flury, Collaborateur scientifique dans le domaine des hautes écoles, Berne // Jean Chamel, Postdoctorant FNS affilié à l’Institut d’histoire et anthropologie des religions (IHAR), Université de Lausanne, Lausanne // Patrick Vincent, professeur de littérature anglaise, Université de Neuchâtel, Neuchâtel // Claudia Dubuis, Chargée d’enseignement, Université de Neuchâtel, Neuchâtel // Thomas Guibentif, Doctorant, Genève // Laurence Terrier Aliferis, Chercheuse avancée FNS – université de Neuchâtel, Neuchâtel // Diane Linder, Chercheuse en philosophie de l’environnement, Lausanne // Manuela Fernandez, médiatrice scientifique- UNIL, Lausanne // Martin Calianno, Chargé de cours, UNIL, Lausanne // Bouvier Rosalynne, enseignante en biologie, Geneve // Gabriele Bianchetti, Hydrogéologue, Sierre // Romain Savary, Biologiste, Post-doctorant EPFL., Lausanne

 

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