La souveraineté alimentaire complète ou partielle est un pilier important du bâtiment écologique, et c’est celui qui peut avoir le plus grand impact sur la santé et la qualité de vie des occupants de l’habitat, entre autres grâce à une serre d’abondance!

Il y a plusieurs stratégies complémentaires afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire complète ou partielle dans son projet d’habitat. Au-delà de son choix d’alimentation et de ses valeurs, il est important d’être conscient à la fois de son degré d’appréciation personnel pour le jardinage et des ressources disponibles en temps et en aide, car l’horticulture demande beaucoup de soins et une présence continue.

Une fois que l’on est décidé à s’engager dans le processus de production partielle ou complète de sa propre nourriture, de multiples options sont disponibles et elles peuvent contribuer nettement à la qualité de vie des occupants de l’habitat.

Plus bas, vous trouverez une description sommaire de ces stratégies. Il va sans dire que les formations de Solution ERA sur le sujet offrent une panoplie de conseils et d’informations plus précises et détaillées sur chacune de ces thématiques.

La serre d’abondance adjacente à l’habitat

L’incroyable qualité de vie que procure cette serre adjacente à l’habitat n’a d’égal que l’abondance en nourriture fraîche qu’elle procure – une serre cultivable 12 mois par an! Au Québec, l’incomparable serre d’abondance de Luc Muyldermans en est un bel exemple.

Cet ingénieur civil et architecte d’origine belge, qui demeure au Québec depuis de nombreuses années, s’intéresse aux principes solaires appliqués aux bâtiments conçus et construits dans le respect de l’environnement. Formateur chevronné chez Solution ERA, il offre sa grande expertise dans la construction de serres adjacentes à l’habitat et en design bioclimatique.

Serre abondance de Luc MuyldermansLa serre d’abondance de Luc Muyldermans

Les avantages principaux de ce type de serre :

  1. Production de nourriture fraîche, locale biologique et délicieuse à l’année.
  2. Création d’une zone tampon sur la façade sud de l’habitat, qui permet à cette dernière de performer sur le plan énergétique, en plus de réutiliser les surplus de chaleur produits par la serre en période ensoleillée pour chauffer le bâtiment.
  3. Création d’un espace de vie supplémentaire dans l’habitat.
  4. Qualité de vie extraordinaire sans avoir à sortir à l’extérieur. Qu’il fasse 0 degré ou -25 degrés Celsius à l’extérieur, s’il fait soleil, la serre se situe à une température de 20 degrés Celsius ou plus, question de…
  • Marcher pieds nus (pour du earthing excellent pour la santé)
  • Faire du yoga ou tout autre exercice pour sa vitalité physique
  • Relaxer ou se reposer
  • Jardiner
  • Lire, créer ou œuvrer
  • Offrir de la vitamine D à son corps en plein hiver
  • Manger des fruits et légumes frais, locaux et biologiques
  • Si l’on a une famille : cela permet de montrer à ses enfants comment jardiner, prendre soin de la terre et de leur santé, pour un impact positif sur les générations futures!

Pour un projet de conception et de construction d’un habitat écoabordable, la serre d’abondance devient non seulement accessible, mais elle constitue un investissement très rentable à long terme.

Les serres séparées de l’habitat

Il est également possible de concevoir ou de se procurer une serre séparée de l’habitat. En voici quelques exemples :

  • Serre solaire passive « Serre du futur »
  • Serre traditionnelle vendue sur le marché
  • Serre Walapini (creusée à même le sol)
  • Serre géodésique (dôme) (conçue par Growing Spaces)

Avantages de la serre séparée de la maison :

  1. Aucune possibilité que la serre ne nuise directement à l’habitation : infiltration d’eau aux joints, humidité, insectes, moisissures potentielles (ces aspects sont toutefois parfaitement gérables dans la serre adjacente à l’habitat, si celle-ci est bien conçue)
  2. Investissement financier moins important que pour les serres adjacentes : car on a une plus grande marge de manœuvre pour la précision des détails de finition (joints), due à moins de conséquences en cas d’infiltration d’eau dans la serre, que sur la façade sud de l’habitat.
  3. Serre qui ne dépend pas du design de l’habitat principal : contrairement aux serres adjacentes qui doivent s’y plier.

Désavantages de la serre séparée de l’habitat :

  1. Pas d’accès direct à l’espace de vie depuis la maison.
  2. Le bâtiment ne bénéficie pas de la synergie créée par la chaleur de la serre afin de préserver sa façade sud des grands froids et pertes thermiques importantes dues au vitrage de la serre.
  3. Systèmes de production de nourriture à l’intérieur (habitat et serres)

Comment cultiver pour l’autosuffisance alimentaire, en serre ou non?

S’il est possible de cultiver 12 mois par année en serre, plusieurs options sont toutefois disponibles pour le faire, en serre ou hors-serre. En voici quelques-unes.

Culture dans la serre adjacente

Celle-ci repose sur une fondation pour être stable et alignée avec l’habitat auquel elle est jointe par la façade sud. La culture des végétaux se fait à même la terre fertile étendue dans la serre et dépend d’un arrosage manuel.

Bacs Earthship

Basés sur les habitations du même nom, ces bacs de plantes permettent de recevoir les eaux grises de l’habitation. Nos déchets deviennent alors des ressources pour les végétaux. Ceci se fait automatiquement sans avoir à faire d’arrosage. La culture se fait à même le sol comme on le ferait dans un jardin (au Québec : pour les serres séparées ou Earthships).

Aquaponie

Résulte de deux techniques de production de nourriture – l’hydroponie (culture de plantes dans l’eau) et la pisciculture (élevage de poissons). En combinant ces deux approches, l’aquaponie permet que les déchets produits par les poissons deviennent les nutriments des plantes qui, à leur tour, filtrent l’eau dans lesquels vivent les poissons.

Cette approche permet de créer un écosystème qui fonctionne en synergie afin que les ressources soient utilisées au maximum, sans pertes. Elle facilite également des productions rapides et abondantes de végétaux, puisque ceux-ci sont très fertilisés. C’est un système simple et très accessible à tous, qui peut être fait soi-même.

Culture verticale

Pour maximiser la culture dans une serre, on peut installer sur le mur nord soit :

Des étagères avec des séries de pots dans lesquels on plante des végétaux afin de maximiser l’espace horizontal du plancher de la serre.

Des tours de culture verticale où des plantes différentes se côtoient sur 360 degrés dans un très grand pot, et sont soutenues par un long tuteur vertical. Cette technique permet également de maximiser l’espace (maintenant aussi offert en système hydroponique).

La culture de fenêtres (window farming)

Permet de cultiver dans des pots placés directement devant ses fenêtres (d’appartement, de maison ou de serre). Cela peut être installé soi-même ou certaines compagnies vendent des systèmes déjà construits, qui peuvent même être combinés à de l’aquaponie, pour un arrosage automatique

Systèmes de production de nourriture à l’extérieur : la permaculture

La permaculture est une approche de culture permanente inspirée du fonctionnement même de la nature, qui crée des écosystèmes synergiques qui n’ont pas besoin de l’action humaine pour fonctionner de façon ultra viable.

Ainsi, la nature prend soin d’elle-même : les déchets de certaines plantes profitent à d’autres, tels les animaux, qui de leur côté fertilisent leur sol, ou les insectes pollinisateurs qui, en retour, permettent la subsistance des espèces végétales dans un cycle d’échange sain et résilient.

Au-delà de son impact sur l’horticulture, la permaculture cherche à recréer des écosystèmes (humains, sociaux, environnementaux, végétaux, animaux), qui sont interreliés, durables, résilients et qui demandent le moins de temps et d’énergie humaine possible afin de créer abondance et harmonie pour tous. C’est une philosophie de vie en soi.

En mettant en œuvre au maximum la culture verticale, l’aquaponie, l’aménagement comestible, une forêt nourricière, etc. il est possible de produire beaucoup de nourriture sur un terrain de petite surface. Sur le plan de l’autonomie en nourriture, la permaculture motive la conception de plusieurs types de systèmes :

L’aménagement comestible

Une façon de concevoir un aménagement paysager qui n’est pas qu’esthétique, puisqu’il permet de produire des plantes comestibles, médicinales et aromatiques.

Selon le concept de permaculture d’aménagement par zones, on étudie son déplacement sur le terrain (habitation, chemins, etc.), dans l’objectif de planter les végétaux qui ont le plus besoin d’entretien près du chemin principal où l’on circule souvent, afin de pouvoir désherber, arroser et cueillir au passage.

Dans cette optique, il est également possible d’utiliser la partie avant d’un terrain urbain afin de créer un espace esthétique en aménagement comestible.

permaculture et amenagement comestible solution era

La forêt nourricière

Tout comme pour l’aménagement comestible, ce concept découlant de la permaculture a pour objectif de permettre à la nature de se développer avec le plus d’autonomie possible.

En effet, cette zone située en périphérie du terrain, qui demande moins d’entretien et de présence humaine, facilite la création d’un écosystème diversifié et riche, autant pour la faune que pour la flore. Il permet aussi la production d’arbres fruitiers, d’arbres à noix, d’arbustes, de plantes vivaces, de plantes médicinales et de champignons comestibles.

Cela crée un habitat pour les oiseaux, les insectes et les petits rongeurs, et si la forêt est de plus grande envergure, elle permet d’accueillir aussi d’autres types d’espèces animales.

À maturité, le système conçu permet aux végétaux et à la faune, qui interagissent dans le même écosystème, de créer leur propre synergie et de s’autogérer afin que les besoins des uns soient comblés par les déchets des autres.

Cela permet de s’allier avec les forces de la nature, contrairement à l’agriculture traditionnelle, afin de créer des écosystèmes pérennes avec un minimum d’intrants et d’énergie humaine.

La permaculture en serre

Tel que mentionné plus haut, non seulement l’approche en permaculture permet d’appliquer ses principes de base dans la culture des végétaux en milieu rural, mais également en milieu urbain ou dans le contexte des serres, comme le démontre l’utilité des petites cailles dans la serre adjacente de Luc Muyldermans!

Si ces types de production de nourriture vous interpellent, Wen Rolland discute en détail de ce sujet vital dans le cadre des formations offertes par Solution ERA.

Wen, formé à l’Institut de technologie agroalimentaire de Sainte-Hyacinthe comme technicien horticole, a développé une profonde compréhension du design en permaculture et l’enseigne avec passion. Il a été été consultant sur de nombreux projets au Québec, et il se passionne pour la permaculture en climat froid et la conception de systèmes écologiques à toutes les échelles.

Les cailes de la serre de Luc Muyldermans - Solution ERA

Vous avez envie d’en apprendre plus dans ce domaine? Vous êtes plus motivés que jamais à passer à l’action? La formation courte Serre d’abondance ou encore le Certificat en design de bâtiment écologique peuvent vous aider à en apprendre encore beaucoup plus tout en ciblant votre propre projet de rêve!

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