Il a Ă©tĂ© montrĂ© en effet que l’association arbres-cultures est plus productive qu’un assolement sĂ©parant cultures d’un cĂ´tĂ© et arbres de l’autre. Le diffĂ©rentiel de production de biomasse est de 10 Ă  60%. Un essai agroforestier ancien, conduit par l’INRA, associant peuplier et cĂ©rĂ©ales, a montrĂ© qu’une exploitation de 100 ha en agroforesterie produira autant de biomasse que 140 ha sur lesquels les deux cultures sont sĂ©parĂ©es*. Par voie de consĂ©quence, l’agroforesterie contribue efficacement Ă  la sĂ©questration du carbone, que ce soit dans la biomasse vĂ©gĂ©tale pĂ©renne (aĂ©rienne et souterraine) et dans le sol, que par l’incorporation de matière organique via la litière ou le renouvellement des racines fines. Les valeurs de stockage mesurĂ©es sont de l’ordre de 0,3 t de CO2eq/ha/an en agroforesterie intra-parcellaire, et près de 1 t de CO2eq/ha/an pour certains bocages**.

La rentabilitĂ© d’une culture agroforestière dĂ©pend de l’efficacitĂ© biologique de l’association. La baisse de rendement des cultures intercalaires est compensĂ©e par le produit dĂ©gagĂ© Ă  long terme par la vente des arbres Ă  condition que la valeur unitaire du bois produit soit Ă©levĂ©e. Avec des allĂ©es deux fois plus larges que la hauteur des arbres adultes, permettant de cultiver jusqu’Ă  la coupe de ces dernier, la part du revenu dĂ©gagĂ© par les arbres reprĂ©sente entre 30 et 50% du revenu actualisĂ© total.

En culture agroforestière, l’enracinement d’un arbre est plus profond qu’en forĂŞt. Cela lui permet d’ĂŞtre mieux approvisionnĂ© en eau, de moins souffrir d’un stress hydrique Ă©ventuel et de rĂ©cupĂ©rer en profondeur les nutriments issus de la roche mère ou entrainĂ©s par lixiviation. L’absence de compĂ©tition entre arbres se traduit en outre par une augmentation de leur croissance en diamètre et par consĂ©quent une rĂ©duction de l’âge d’exploitabilitĂ©. Enfin, l’arbre modifie et diversifie le microclimat (tempĂ©rature, vent, humiditĂ©), ce qui favorise la crĂ©ation d’habitats pour des auxiliaires qui pourront intervenir plus efficacement en cas d’attaques de ravageurs des cultures.

* Dupraz C., Liagre F., 2008, Agroforesterie – Des arbres et des cultures. Éditions France Agricole, 410 p.

** Pellerin, S. et al. 2013. Quelle contribution de l’agriculture française Ă  la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre ? Potentiel d’attĂ©nuation et coĂ»t de dix actions techniques. Synthèse du rapport d’Ă©tude. 92 p. INRA.

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