Associer des arbres à des cultures annuelles permet de diversifier ses revenus tout en répondant à des enjeux environnementaux.

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Associer des arbres à des cultures annuelles permet de diversifier ses revenus tout en répondant à des enjeux environnementaux.

L’investissement dans une parcelle agroforestière de 50 arbres à l’hectare se chiffre à 800 €/ha, soit 210 € après subventions (voir le cas de gestion intitulé Associer arbres et cultures).

Or, un projet agroforestier se raisonne sur du long terme, entre 30 et 50 ans, et c’est au moment de la vente des arbres que l’intérêt financier est démontré.

Avec un taux d’actualisation de 4 %, un projet réussi procure une rentabilité supérieure de 15 à 20 % par rapport à la culture pure (voir notre simulation à télécharger).

L’objectif est de produire des billes droites et exemptes de blessure en soignant l’entretien annuel.

Entretien régulier : 1 jour par hectare et par an

Les cinq premières années, la taille permet de former l’axe du tronc en éliminant les fourches. Ensuite, jusqu’à quinze ans d’âge, il s’agit d’élaguer les branches pour obtenir un tronc sans défaut, avec le moins de noeuds possible. L’élagage, réalisé « en vert », stimule la pousse de l’arbre.

« Une année sans entretien, c’est une récolte retardée de cinq ans. Elle peut faire diminuer de moitié la rentabilité du projet », met en garde Fabien Liagre, du bureau d’études Agroof.

L’agriculteur peut effectuer lui-même l’élagage. Cela nécessite un jour de travail par hectare. Sur la durée du projet, le bois issu de la taille et de l’élagage est estimé à 2,5 m3/ha pour une densité de 50 arbres à l’hectare.

Ce bois peut être utilisé en bois raméal fragmenté épandu sur les parcelles agricoles ou vendu en plaquettes forestières (à 56 € la tonne) ou en bois de chauffage (à 60 € le stère).

Interaction arbre/culture : avantage réciproque

L’interaction arbre/culture est bénéfique et favorise surtout la croissance des arbres. « La parcelle agroforestière est 1,2 à 1,6 fois plus productive qu’une parcelle qui aurait, d’un côté, des cultures pures et, de l’autre, un boisement pur », explique Fabien Liagre.

Les arbres protègent les cultures contre l’échaudage et contre les précipitations abondantes en drainant l’eau de pluie. Leurs feuilles forment une litière qui augmente progressivement la fertilité biologique de la parcelle.

En faible densité par hectare, les arbres captent mieux l’ensoleillement qu’en forêt et croissent plus vite avec un bois de coeur plus développé et homogène.

Billes de 0,8 à 1,2 m3: rentabilité de 15 %

Au bout de 30 à 50 ans, une bille d’arbre représente de 0,8 à 1,2 m3 de bois. Le prix des essences précieuses, comme le noyer, le cormier ou l’alisier, va de 300 à 2.000 €/m3. Les essences telles que le chêne, le merisier ou l’érable sont valorisées de 150 à 450 €/m3.

« Il ne faut pas se baser sur le prix de vente actuel pour choisir les essences à implanter mais sur l’arbre le plus adapté au terroir », conseille Fabien Liagre.

La coupe des peuplements d’arbres est considérée comme une cession d’immobilisation. Le régime spécial des plus-values professionnelles est alors appliqué.

En revanche, le bois transformé en bois énergie par exemple, issus de la taille et de l’élagage, est considéré comme un produit courant agricole de l’exploitation.

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En savoir plus :

→ Agroforesterie : des arbres et des cultures, Editions La France Agricole.

→ Agroforesterie, produire autrement, en DVD, Agroof production.

http://www.lafranceagricole.fr/Expert : FABIEN LIAGRE, directeur du bureau d’études Agroof, à Anduze (Gard)

« Des débouchés assurés et des prix indexés sur le pétrole »

« Nous pouvons pas anticiper une demande forte en bois précieux et des besoins futurs dans la filière du bâtiment et pour la production d’énergie. L’Ademe (1) prévoit notamment un doublement de l’utilisation du bois énergie d’ici à 2020.

Or, le prix du bois est indexé sur le cours du pétrole, ce qui peut rassurer sur la valorisation des arbres.

Avec les enjeux actuels du changement climatique, l’agroforesterie est également un puits de carbone à ne pas négliger.

Pour une densité de 50 arbres à l’hectare, les arbres fixent entre 1 et 2 tonnes de carbone par hectare et par an contre moins d’une tonne pour une forêt classique. »

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(1) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

A télécharger :

Notre simulation : La parcelle agroforestière rapportera 15 % de plus que les cultures pures.

par Rémy Lorin (publié le 2 avril 2010)

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