Agroforesterie

L’agroforesterie consiste à associer sur une même parcelle agricole des arbres et des cultures.

La France est très riche de cette pratique de mélanges d’arbres et de cultures avec 45 000 projets sur 170 000 hectares. Cela correspond à la gestion d’arbres intégrés dans les parcelles agricoles d’une part et de cultures conduites sous couvert forestier d’autre part. L’agroforesterie est donc une technique d’agronomie qui replace l’arbre dans le système de production agricole afin d’optimiser la production de biomasse. La région Midi – Pyrénées est la plus connue dans ce domaine.

Une exploitation de 100 hectares en agroforesterie produira autant de produits agricoles et de bois qu’une exploitation de 160 hectares en assolement forêt – bois distincts.

L’Association Française d’Agroforesterie (AFAF) fédère les initiatives qui apparaissent dans toutes les régions françaises. Les performances d’une exploitation agroforestière permettent d’optimiser l’agriculture, la rentabilté et l’envrionnement ; la plaquette ci – dessous présente ces performances.

Plusieurs adhérents de Forestiers d’Alsace ont déjà réalisé de tels projets ce qui nous a  permis de débuter à l’automne 2010, un annuaire des réalisations qui compte une vingtaine  de projets  et d’autres sont certainement encore à redécouvrir. Les prés – vergers à base de mirabelliers, pommiers et quetschiers sont la forme traditionnelle d’agroforesterie en Alsace et en Lorraine mais l’usage des fruits se perd, les animaux mangent trop de ces fruits perdus et la densité des arbres ne facilite pas la récolte efficace de l’herbe.

Le statut réglementaire de l’arbre en zone agricole a aussi été acté depuis 2006 ; il est maintenant pleinement intégré à l’exploitation agricole en ouvrant droit à des aides et au droit au paiement unique (DPU).

La mesure européenne 222 de soutien à l’installation de systèmes agroforestiers a été validée en janvier 2012 pour la région Alsace. A ce titre, une cinquantaine d’hectares étaient prévus à la plantation d’ici l’automne 2014. Ces cultures agroforestières sont prévues en culture de céréales, en prairies, en viticulture et en maraichage ; les plantations de noyers à double fin (bois et fruits) ainsi que les chênes truffiers sont aussi prévus.

photos d’une parcelle agroforestière d’un hectare de blé, cormier, noyer à Knoersheim en MAI 2012

La poursuite de cette mesure innovante en Alsace était suspendue à la nouvelle PAC (Politique Agricole Commune)  de la période 2014 – 2020, mais n’a pas aboutie.

Des conseillers agroforestiers sont présents dans les régions Lorraine et Champagne – Ardennes Le lycée agricole de Pixérécourt et la ferme – école de l’ENSAIA (école d’ingénieurs agronomes), situés les deux près de Nancy, sont aussi des moteurs pour la diffusion de cette vieille technique d’avenir.

 

La moisson de juillet 2013 : orge, phacélie, noyers, cormiers et ruche, un exemple d’agroécologie

Une réunion régionale sur l’agroforesterie a été organisée le 14 décembre 2012 à Bouxwiller ; un noyau de 30 agriculteurs est intéressé par cette technique d’agronomie.

Une conférence a été organisée par les élèves du lycée agricole d’Obernai le 8 février 2014 et à laquelle ont participé une centaine de personnes ; la table ronde qui réunissait agriculteurs et techniciens a permis d’échanger avec les nombreux participants.

De nouveaux projets continuent  à émerger : Bouxwiller en 2015, Duppigheim en 2017.

Une organisation technique de l’agroforesterie se met doucement en place au printemps 2016 dans la nouvelle région Alsace – Lorraine – Champagne – Ardennes.

La ferme – école de la Bouzulle près de Nancy a mis en place une expérimentation agroforestière.

La présentation de l’expérimentation

Le RMT AgroforesterieS est un réseau de partenaires professionnels de la recherche, du développement et de la formation, rassemblés autour de la thématique de l’agroforesterie en France.

Le site du RMT Agroforesterie

La vulgarisation et l’intérêt des formations boisées (haies et arbres isolés) est mise en avant dans le programme LIFE – biocorridors du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord et pour lequel des conférences, des réunions et des Plans de Gestion Agroforestier seront initiés en 2018 et 2019. Premiers rendez vous dès octobre 2018

Le programme LIFE biocorridors dans les Vosges du Nord

Première campagne de mesures et d’observations en avril 2016 (4 saisons de végétation)

Village

KNOERSHEIM

2012

ARTOLSHEIM

2012

Région naturelle Kochersberg Ouest Plaine du Rhin
Hauteur moyenne

2 m 20

4 m 52

Hauteur maximale

3 m 89

5 m 80

Essence    la plus performante

érable

noyer

hybride

     

Agroforesterie versus érosion des sols et qualité des eaux souterraines

Les arbres des champs forment un maillage sur la parcelle agricole,  les bandes enherbées qui se trouvent à leurs pieds peuvent intercepter le ruissellement de l’eau.  

Ils installent aussi un réseau très étendu de racines grosses et fines dans le sol qui favorise sa porosité et le drainage.

Un chêne adulte peut évapotranspirer jusqu’à 200 litres par jour soit par conversion une lame d’eau de 0,5 mm / jour / M2.

L’enracinement profond des arbres agroforestiers permet de récupérer en profondeur les élèments entrainés par lessivage et/ou lixiviation et susceptibles de polluer les eaux souterraines.

Un projet en cours est le développement de l’agroforesterie sur les aires d’alimentation de captages de la régie municipale Eau de Paris. Les liens AGROOF et Eau de Paris

Dans le bassin versant du Vistre qui draine les eaux de l’agglomération de Nîmes, l’agroforesterie est mise en avant comme un outil d’aménagement qui concilie les intérêts des collectivités et des agriculteurs.

Dans la photo ci – contre, les orages de mai 2016 ont lessivé les parcelles agricoles fraichement semées mais le ruisseau au premier plan qui traverse des zones plus ou moins boisées est resté, lui, de première qualité avec très peu de matières en suspension.

Agroforesterie et élevage

Dans les prairies pâturées par les bovins, il est fondamental d’installer une protection dissuasive. Ci – contre un poteau en acacia de 6 cm x 6 cm et un corset métal à 5 branches, faits pour durer ; une technique très répandue en Normandie mais ici ci – contre aussi à Bouxwiller – 67. La mise en situation de cette protection a mis en évidence qu’il faut rajouter un filet derrière les grilles car les vaches arrivent à tirer avec leurs langues la moindre feuille 

Téléchargez :

La brochure agroforesterie

Exploitation agroforestière performante

L’agroforesterie dans les règlementations agricoles

Le retour de l’arbre champêtre – DNA   du 2 mars 2014

L’agroforesterie, une piste à suivre – EAV du 21 février 2014

Réintégrer l’arbre dans les systèmes agricoles, fiche ADEME de janvier 2015

Conférence Agroforesterie et Maraichage de Rouffach le 31 mars 2015

Le site ECOSFIX

Parcours Volaille 2016, des arbres et des arbustes pour les volailles en plein air

La plate forme d’@ – learning I COSYSTEME

L’agroforesterie, une solution d’avenir pour des territoires durables et productifs – juin 2018

Arbres et biodiversité – 2018

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