Après la fin de la IIIème république, des artistes tels que Hector Guimard sont allés à contre courant du style imposé par le Baron Haussmann, pour les immeubles parisiens et les perspectives, en proposant une architecture aux formes rythmées, avec des bas-reliefs, des motifs végétaux et autres décors exubérants. 

Commençons notre circuit dans le 4ème arrondissement. Si vous arrivez par le mĂ©tro, descendez Ă  la station Temple sur la ligne 3. En sortant, ne manquez pas de regarder l’Ă©dicule avec inscrit “MĂ©tropolitain”. Ces Ă©dicules au dĂ©cor floral sont l’Ĺ“uvre d’Hector Guimard, artiste de rĂ©fĂ©rence dans le domaine de l’art nouveau, conçues au dĂ©but du XXème siècle. Depuis 1978,  les 87 Ă©dicules restantes sont protĂ©gĂ©es car considĂ©rĂ©es comme faisant partie du patrimoine.

Poursuivons notre circuit au 18 rue PerrĂ©e, face au square du Temple, Ă  l’angle de la rue PerrĂ©e et la rue Paul Dubois, oĂą se trouve un magnifique immeuble Art nouveau composĂ© d’une tour, Ă©difiĂ© par les architectes Georges Raymond Bardaud et Edouard Bauhain. Mais c’est Ă  Jules Rispal, mĂ©daille d’or  du salon des artistes français de 1902, que l’on doit les sculptures de visages fĂ©minins et de fleurs soutenant les balcons de l’immeuble ainsi que la sculpture en relief  allĂ©gorique, situĂ©e sur une des façades.  Le jour et la nuit sont reprĂ©sentĂ©s par des jeunes femmes et des chĂ©rubins sĂ©parĂ©s par un cadran solaire donnant l’heure solaire aux passants qui s’y attarderont.

Rendons nous au 14 rue de Bretagne, pour admirer un immeuble de style classique par ses lignes claires et symĂ©triques mais qui est modifiĂ© en 1926 par les architectes Selonier et DepussĂ©, en rajoutant des dĂ©cors inspirĂ©s de l’art Ă©gyptien.

Allons Ă  prĂ©sent Ă  la synagogue situĂ©e au 10 rue PavĂ©e, en plein cĹ“ur du quartier juif du Marais. Cette synagogue est Ă©difiĂ©e en 1913 par l’architecte Hector Guimard (1867-1942) cĂ©lèbre pour ses bâtiments parisiens d’Art Nouveau. CommandĂ©e par l’association Agoudas Hakehilos, cette synagogue tĂ©moigne de l’immigration massive venant d’Europe de l’Est au cours du XXème siècle. Hector Guimard, pour sa construction, utilise des armatures en bĂ©ton armĂ© ainsi que des pierres agglomĂ©rĂ©es creuses. Si vous regardez au dessus des portes centrales, vous pouvez remarquer sur la façade “ondulĂ©e”, un dĂ©cor vĂ©gĂ©tal discret. C’est seulement Ă  l’intĂ©rieur qu’on se rend vraiment compte de la longueur de l’Ă©difice, avec deux Ă©tages en mezzanines de chaque cĂ´tĂ© de la travĂ©e centrale. Le lieu est bercĂ© de  lumière grâce aux nombreuses fenĂŞtres du plafond. Les bancs, les chandeliers, les luminaires et les garde-corps en fonte, sont du mobilier dessinĂ© par Hector Guimard et sont similaires au dĂ©cor de la façade. L’intĂ©rieur de la synagogue Ă©tant difficile Ă  visiter, ne ratez pas la journĂ©e du Patrimoine ou prenez rendez-vous pour une visite et dĂ©couvrir ce lieu très reprĂ©sentatif de l’Art Nouveau.

A quelques pas du Centre Georges Pompidou, au 12 rue du Renard situĂ© dans le 4ème  arrondissement de Paris, se dresse l’immeuble du Syndicat de l’Epicerie Française, construit par le duo d’architectes Édouard Bauhain et Raymond Barbaud en 1901.  L’immeuble Ă©tant situĂ© sur un boulevard frĂ©quentĂ©, il est prĂ©fĂ©rable de le regarder de l’autre cotĂ© de la rue pour le voir entièrement. Au dessus de chaque pilier, des tĂŞtes au regard sĂ©vère ont Ă©tĂ© sculptĂ©es ainsi que des grandes cartouches aux encadrements fleuris. Tous ces ornements ont Ă©tĂ© sculptĂ©s par Jules Rispal, souvent associĂ© aux deux architectes. Au rez-de chaussĂ©e, de larges arches rappellent les gares d’antan, tandis qu’au premier Ă©tage, on observe des reprĂ©sentations des Quatre Saisons. Les formes massives et le dĂ©cor germanique n’ont, Ă  cette Ă©poque, pas fait l’unanimitĂ©. De nos jours, le Syndicat de l’Épicerie a disparu, remplacĂ© par le “Théâtre du Renard”.

En chemin pour aller au 39 rue RĂ©aumur, passez par la rue Beaubourg et arrĂŞtez vous Ă  l’angle de la rue Saint-Lazare. Vous apercevrez  un bel immeuble Art moderne avec des tĂŞtes de sphinx sur des piliers situĂ©s au dernier Ă©tage du bâtiment.

Finissons notre circuit Art nouveau dans le 3ème arrondissement, oĂą se trouve un immeuble art nouveau construit par l’architecte Salard en 1900, tranche avec l’environnement. Le style de la façade est chargĂ© mais sublime. Au quatrième Ă©tage, on observera deux sculptures de femme, appelĂ©es caryatides soutenant la loggia. Il s’agit d’une Ĺ“uvre de Pierre Roche, reprĂ©sentant la danseuse amĂ©ricaine Loi Fuller et serait considĂ©rĂ©e comme l’incarnation de l’utopie.  Une frise de cĂ©ramique composĂ©e de motifs ornementaux complexes dans l’entrĂ©e de l’immeuble, semble rappeler les danses de Loie Fuller.

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