Quatre solutions concrètes pour cultiver des fruits et des légumes à l’année (ou presque!). Que vous cherchiez à réduire votre facture d’épicerie ou à manger plus sainement, ces potagers créatifs vous donneront peut-être le goût de vous lancer dans l’aventure de l’autosuffisance alimentaire.

Félix Grimard et Pamella Guay-Tremblay ont construit une serre enfouie huit pieds sous terre à Fortierville, dans le Centre-du-Québec.

Unpointcinq vous présente quatre solutions concrètes pour cultiver des fruits et des légumes à l’année (ou presque!). Que vous cherchiez à réduire votre facture d’épicerie ou à manger plus sainement, ces potagers créatifs vous donneront peut-être le goût de vous lancer dans l’aventure de l’autosuffisance alimentaire. Go, go, go!

OGarden Smart

Le jardin circulaire intérieur

 Concept :

Selon Pierre Nibart, président de la start-up québécoise derrière le OGarden Smart, cet appareil est en quelque sorte un nouvel électroménager qui permet de produire des légumes ou des fruits frais à l’année, avec une facilité déconcertante. De la taille d’un frigo, l’unité circulaire peut contenir 90 plants, dont 60 en production. Les plants résiduels sont placés dans l’armoire de germination, où les semis sont généralement entreposés pendant trois semaines avant d’être transférés dans la roue de croissance. Le système d’éclairage et d’arrosage est complètement automatisé. Il suffit de remplir le réservoir d’eau tous les 10 jours et le tour est joué. Un outil intéressant pour les néophytes qui souhaitent produire des fruits et des légumes à la maison sans se casser la tête.

Coût d’achat :

À partir de 995 $

Frais d’utilisation :

Vous pouvez utiliser vos propres semences et les emballer pour les insérer dans le OGarden Smart ou encore acheter des semences déjà encapsulées. Un ensemble de luxe comprenant 180 capsules ensemencées coûte 139,95 $. Comptez aussi un coût minime d’électricité pour alimenter la lampe DEL.

Production :

Le délai de production est de 30 à 50 jours pour les légumes-feuilles et les fines herbes et de 70 à 80 jours pour les fraises, les tomates, les piments et les haricots. On peut s’attendre à récolter environ un plant tous les deux jours si la culture est variée. Si on choisit de cultiver uniquement des salades, on peut faire une récolte par jour.

Variété de légumes cultivés :

laitues, choux kale, bok choys, oignons verts, épinards, fines herbes, fleurs comestibles, fraises, tomates-cerises, piments forts, haricots et autres légumes, à l’exception des légumes-racines.

Engagement en temps requis :

La première récolte peut exiger de 1 à 5 heures, selon le niveau d’expérience. Une personne expérimentée consacre environ cinq minutes par semaine aux récoltes.

Compétences requises :

Aucune. L’appareil a été conçu comme outil d’initiation au jardinage. Les enfants peuvent apprendre à l’utiliser facilement.

Avantages :

  • Légumes et fruits frais à l’année à portée de main
  • Produits bio, sans pesticides ni herbicides
  • Appareil esthétique et ergonomique
  • Facile d’utilisation

Inconvénients :

  • Production limitée à 90 plants
  • Ne permet pas de faire pousser de gros légumes ou des légumes-racines

La serre souterraine

Concept :

Félix Grimard et Pamella Guay-Tremblay ont construit une serre enfouie huit pieds sous terre à Fortierville, dans le Centre-du-Québec. Une première dans la province! Alors que les serres walipini les ont motivés à construire leur serre sous terre, les bâtiments Earthships les ont inspirés à miser sur l’énergie passive pour la chauffer.

D’une dimension intérieure de 22 pieds par 30 pieds, la structure est constituée de 350 pneus récupérés au garage où travaille Félix, qui ont été enfouis dans le sol en forme de V, puis remplis de sable compacté. Cette structure permet d’accumuler la chaleur extérieure de façon passive et de la redistribuer lorsque la température chute. Étant donné que le sol ne gèle pas à cette profondeur, la serre tire profit de la géothermie, un processus grâce auquel l’énergie calorifique interne de la Terre est récupérée. Ainsi, la température de la serre se maintient à plus de 8 °C même quand il fait -30 °C à l’extérieur. Du béton a ensuite été coulé sur la partie supérieure de la structure de pneus, ce qui permet de soutenir le toit, la seule partie visible de l’extérieur.

Coût de construction :

8000 $ et six mois de travail. Le couple investira à nouveau 5000 $ cette année pour optimiser les installations : construction d’un plancher, ajout de bacs plus profonds et intégration d’un système visant à récupérer l’eau de pluie, notamment.

Économies :

La serre permet de produire 70 % des fruits et des légumes consommés par leur famille, qui compte deux jeunes enfants. Le couple prévoit rentabiliser son investissement d’ici cinq ans.

Production :

Le couple effectue chaque année trois récoltes entre mars et décembre. Il serait possible de cultiver 12 mois par an, mais les conjoints, qui occupent tous deux un emploi à plein temps, prennent une pause l’hiver.

Variétés de fruits et légumes cultivés :

Des fèves, des choux rouges, des concombres, du maïs, des citrouilles, des tomates, des brocolis, des canneberges, des bleuets, etc. Le couple cultive même des fruits exotiques : citrons, papayes, figues, kiwis et olives.

Frais d’utilisation :

200 $ par an pour les semences. La serre ne requiert aucune électricité (même en hiver).

Engagement requis en temps :

12 heures par semaine pendant la saison des semences, puis 15 minutes par jour pour l’entretien.

Qualités requises :

dextérité manuelle et débrouillardise

 On ne connaissait rien à l’agriculture quand on a commencé, mais c’est quand même faisable quand on y met du temps.

Pamella

Avantages :

  • Légumes et fruits frais à l’année
  • Produits bio
  • Bonne capacité de production
  • Ne nécessite aucune électricité
  • Valorisation de vieux pneus

Inconvénients :

  • Système énergivore en temps
  • Peu de serres semblables au Québec; partage limité des connaissances et des expériences

Le dôme géodésique

Concept :

En 2012, Patrick Lavoie, un compositeur de musique vivant à Sainte-Ursule en Mauricie, a investi dans une serre passive (qui stocke l’énergie solaire durant la journée pour la redistribuer la nuit). Pour ce faire, il s’est procuré un dôme géodésique de 22 pieds de diamètre auprès d’un fabricant américain. L’appareil, qui est recouvert de cinq couches de polycarbonate avec une isolation R3, lui permet de cultiver des légumes de mars à novembre et de récolter ses premières tomates vers la fin mai. À l’intérieur, un réservoir d’eau de 950 gallons accumule la chaleur du soleil le jour et la redistribue la nuit. Un ventilateur envoie également de la chaleur sous terre pour éviter que le sol ne gèle ou que le froid n’affecte les plants. Lorsque la température devient trop élevée, des panneaux s’ouvrent automatiquement à la surface de la serre.

Quand tu aimes cuisiner, aller chercher des légumes frais dans la serre quand tu veux, c’est un luxe dont tu ne peux plus te passer après un certain temps

Patrick

Coût d’achat :

15 000 $, ce qui comprend la livraison par le manufacturier Growing Spaces et l’installation de l’eau courante et de l’électricité. Des dômes canadiens sont aussi disponibles chez Arctic Acres.

Frais d’utilisation :

Environ 300 $ par an pour chauffer la serre, en plus des semences.

Économies :

Comble 80 % des besoins en fruits et légumes d’une famille de quatre personnes.

Variétés cultivées :

Roquette, laitue, tomates, concombres, aubergines, fines herbes, piments, citrons et un peu de tout selon l’inspiration, sauf les légumes-racines, qui sont cultivés dehors.

Engagement requis en temps :

Au printemps, le démarrage de la serre exige plus d’efforts, mais quand tout est installé, l’entretien de la serre nécessite environ 15 minutes par jour.

Qualités requises:

Aimer l’agriculture et la gestion des parasites (surtout quand on ne veut pas utiliser de pesticides) et savoir repérer les bons prédateurs pour livrer une lutte biologique aux envahisseurs. On peut, par exemple, acheter des guêpes parasitoïdes pour lutter contre les pucerons.

Avantages :

  • Produits frais à portée de main tous les jours
  • Outil éducatif pour les enfants
  • Une serre géodésique permet de suivre la course du soleil et d’optimiser la surface de production.

Inconvénient :

  • Montage complexe en raison de la forme de l’appareil

Le Végébox : le cube à cultiver à la base d’une coopérative révolutionnaire

Concept :

Le Projet Lumélice vise à mettre en marché le Végébox, un kit de permaculture sous forme d’un cube de 8 pieds par 8 pieds permettant de produire des légumes à faible coût. En travaillant avec des experts de l’Université du Québec à Chicoutimi et du centre collégial de transfert technologique Agrinova, Yannick Tremblay, programmeur de profession, a conçu un système d’agriculture verticale en s’appuyant sur les principes de la permaculture, une démarche qui vise à s’inspirer de la nature pour créer des écosystèmes durables.

Dans le Végébox, trois lumières DEL de 450 W se déplacent en émettant un spectre de lumière optimal pour chaque culture. Ces mouvements sont pilotés par une application intelligente, qui gère aussi le système d’irrigation et dresse la liste des étapes à suivre lors de chaque visite pour optimiser la production. Revêtu d’une toile géotextile, le Végébox peut être installé dans la maison ou dans une structure extérieure isolée.

Le créateur du Végébox a l’ambition de créer un modèle coopératif de petits producteurs de légumes là où une masse critique d’utilisateurs du cube verra le jour. Comme chaque Végébox peut fournir suffisamment de légumes à trois familles, il peut devenir une source de revenus tout en favorisant l’autonomie alimentaire.

Coût d’achat :

Un Végébox sera prêté au producteur s’il adhère au modèle coopératif – il faut débourser 10 $ pour devenir membre de la coop Redon. Le coût d’achat d’un Végébox permettant une production autonome sera de 6500 $ – les premiers modules seront disponibles en septembre 2020.

Frais d’utilisation :

Environ 300 $ d’électricité par an, ou 0,80 $ par jour.

La Végébox peut être installé à l’intérieur comme à l’extérieur.

Économies :

Possibilité de générer des surplus et de vendre jusqu’à 8000 $ de légumes par an.

Production :

De 1200 à 2500 kg par an, ce qui représente un minimum de 40 à 50 légumes par semaine et permet de nourrir trois familles.

Engagement requis en temps :

De 1 à 2 heures par semaine.

Qualités requises :

Débrouillardise et intérêt pour les technologies.

Avantages:

  • Production de légumes frais
  • Possibilité de générer des surplus
  • Système autonome : il suffit de suivre les instructions sur l’application
  • Participation à un projet social d’autonomie alimentaire par l’entremise de la coop
  • Accès à des formations et à du soutien de groupe, au besoin

Inconvénients :

  • Système mobilisant diverses technologies qui nécessite l’utilisation d’une tablette
  • Projet en cours d’élaboration : la rentabilité du système n’a pas encore été démontrée.
0 Commentaires

Laisser une réponse

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Créer un compte